CHRONIQUE D’UNE INTIMITE MYSTIQUE

Serigne Cheikh Ahmed Tidiane Sy de Tivaouane, cette « autre chose » dont la présence dans les cœurs demeure éternelle, précise dans son discours du gamou en 2009: « En matière de mysticité, le nombre 8 est d’une envergure inestimable à la seule condition que l’on ne procède à une démarche séparatiste. Le symbole 4×4 est sans nul doute le plus apocalyptique que je n’aie entendue dans ce monde. » Un esprit simple non imbu de la profonde « logique Maktoumienne » croirait là à ce que le fils du sceau du califat (rta) qualifie d’éphémère : le hasard. On se rappelle de cette prophétie qu’il léguait à ses inconditionnels il y’a une décennie, toujours à Tivaouane : « Le hasard n’est qu’une épithète parmi tant d’autres. Quand on fait appel à lui, c’est la volonté de Dieu qui se présente.» D’autres citeraient l’aspect scientifique de la chose, et s’évertueraient à voyager dans l’univers insondable des chiffres, ces symboles qui  renferment tant de secrets au point de gouverner ce monde.

Par ailleurs, tout ce qui est scientifique peut servir dans le cadre d’une expérimentation purement mystique. Et c’est la raison pour laquelle ceux qui, au-delà d’un enseignement, ont été abreuvés à la source d’une haute science, ont compris l’aspect ésotérique de la chose : le chiffre  8 représente les quatre lettres des noms d’Allah et de son Prophète (psl) écrites en langue arabe. C’est aussi le nombre obtenu en additionnant toujours  les quatre lettres des prénoms de deux saints qui naquirent le siècle passé : Mouhamad-pour citer Serigne Mouhamadoul Moustapha Sy– et Ahmad-son vrai nom est Ahmad Al Maktoum, histoire de faire référence à Serigne Cheikh Ahmed Tidiane Sy. Encore que le prénom Ahmad est l’équivalent du nombre 53, toujours en valeur numérique en arabe, ce qui renvoie une fois de plus à l’obtention du chiffre 8, puisque que le chiffre 5 additionné à 3 donne 8. Et l’homme à la djellaba de s’insurger pour chantonner :

«  Akrim bi Ahmada Fii Nizàmile Mawlidii

   Akrim bi Mawlidi Ahmada Mine Mawlidi » 

Dans ces vers, Al Maktoum désigne le sceau de la prophétie (psl) par le nom Ahmad. Cité deux fois, il devient l’équivalent du nombre 106. Comme quoi dans le cercle de la sainteté, l’homme à la djellaba demeure unique dans son registre. La raison tiendrait au fait qu’il soit jusque là le seul ayant affirmé que les noms d’Allah sont au nombre de 106 : les 99 connus de tous ainsi que 7 autres ayant servis de « code d’accès » aux cieux au génie de l’œuvre divin, Seydouna Mouhamad (psl), dans son fameux voyage nocturne.

Pour l’homme à la djellaba, cette « référence codée » symbolisée par le chiffre 8 est une mise en garde à l’égard des « détraqués » qui tentèrent en vain de rompre une telle union à l’élan sacré. On ne peut nullement prétendre atteindre le divin sans recourir à Allah, d’autant plus que la Haqiqatoul Mouhamadiyya en tant que station est une sphère ou l’on ne peut accéder sans pour autant avoir pour tremplin l’étoile de médine (psl). On ne peut pas non plus s’abreuver à cette source de grâce que les Moustarchidines appellent communément Mame Cheikh sans passer par ce Responsable Moral  au verbe délicat. Les âmes honnêtes ont fini par appréhender  l’aspect mystique de la chose, c’est que le Docteur de la foi, en l’occurrence Serigne Mouhamadoul Moustapha Sy, est cette barque qui puisse mener à la fameuse ile qu’est Al Maktoum. S’y opposer serait faire face à la volonté divine.

Serigne Moustapha Sy naquit en 1952, Serigne Cheikh Ahmed Tidiane Sy en 1925. Comme quoi en termes de valeur numérique, le total des chiffres pour chacune de ces deux  années est équivalent à 17, nombre ayant pour symbole le chiffre 8-puisque le 1 est à additionné au 7. Encore le même chiffre à conserver tel qu’il est !

On ne présente plus le tandem le plus mystique que le ciel ne puisse procurer à la communauté Tidiane. Il faut être le divin, dépositaire d’une grâce inconditionnelle au temps et à l’espace, pour oser « tailler » des êtres par des traits de personnalité aussi nobles que ceux de ces chefs spirituels. Le Dieu du monde, de ses continents et du Sénégal, pays ou islam est souvent synonyme d’accomplissement de gestes de piété, a une fois de plus donné un sens aux exigences de sa gloire. Chez nous, «faire descendre » dans un même siècle deux tribuns qui font valser les concepts au rythme de leur verbe évocateur et acuité d’esprit ne peut qu’être le fruit d’une volonté divine.

C’est le portait croisé de deux guides dont la seule préoccupation est de faire de leurs contemporains de dignes héritiers des héros du ciel. Un « couple », pour reprendre le concept de l’homme du 15 mars, et le plus mythique qui puisse exister.

A l’occasion d’une conférence à Keur Dieumb, un contemporain d’Al Maktoum s’adressa à l’homme en ces termes : « Il fut un temps ou l’on se voyait régulièrement. La tendance s’est complètement inversée. Si ce n’est la causerie annuelle de Keur Dieumb, il m’est impossible d’avoir l’occasion de faire face à votre silhouette symbolisant toutes les merveilles pouvant peindre l’allure d’un Homme de Dieu. » Et le Tribun de Tivaouane d’afficher un sourire qui en dit beaucoup sur son charisme authentique, puis de préciser : « En vérité, la clause faisant fie d’une proximité n’existe nullement dans le contrat signé avec un Homme de Dieu. Le seul principe qui vaille est de deviner les fois ou vos âmes seront assoiffées de pureté, histoire de les abreuver de par une méthode dont nous seuls détenons le secret. »

Il faut être marabout, avec ce que cela requiert en termes « de caricaturisme, d’effacement et de farce », pour reprendre les propos de l’auteur de « l’islam et le monde », pour être apte à faire de la distance une contrainte. La formation spirituelle (Tarbiya) est ce qu’il y’a de plus authentique. Et c’est d’autant plus original que dans la lignée de la Tijanya, le sceau de la sainteté (rta) n’a « vu » El Hadj Omar Tall (rta) qu’a travers un troisième œil dont lui seul maitrise la méthode d’usage… A quoi bon vouloir faire de son héritier une sorte de « valet » avec qui l’on a besoin de se servir de clarinette et d’exigences protocolaires pour s’afficher dans les rues et autres cérémonies?

Serigne Moustapha Sy a su, par le biais d’un courage qui ne cesse d’intimider le tréfonds de la conscience de ses pairs, soutenir devant un auditoire de milliers de disciples à Keur Dieumb, qu’il incombait aux Moustarchidines et à leur chef de file de quitter ce bas monde si leur geste n’a eut aucun impact positif en termes de réalisation de l’unité profonde de l’être. Et l’auteur de Fa leyka a, quant à lui, tenu ce témoignage que l’histoire sainte a eut à inscrire dans ses plus belles pages, frôlant un désir de se sacrifier pour la continuité de la mission de celui qu’il désigna comme le patron des Moustarchidines.

Le fils d’Ababakar Sy (rta) a remplit dignement sa mission. Il a eut, à l’instar de son prédécesseur, le privilège de pouvoir s’ériger une tombe dans lequel il git dans le cœur de chacun de ses inconditionnels. Serigne Moustapha Sy, a, lui, su accompagner dignement Al Maktoum dans sa noble mission, et le fameux « Que Dieu te glorifie autant que tu l’as fait pour moi » (en wolof « sagale guama Yalla nala Yalla saggale ») qu’il lui a témoigné est toujours ancré dans la mémoire des Moustarchidines. Quoi de plus signifiant que ce message si fort dans la conscience d’un jeune prônant sa soumission sans faille à la cause des enfants gâtés du ciel ?

 

Maam Cheikh

Chroniqueur

Senpresse.Com   

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