Anniversaire du rappel à Dieu de Al Maktoum : L’hommage d’un « fils » à son « père »

C’était le 15 mars 2017, Serigne Cheikh Tidiane Sy «Al Maktoum» se retirait du monde des vivants. Aujourd’hui marque le deuxième anniversaire du décès du 5e khalife général des Tidianes. Un guide religieux qui était de ceux qui ont marqué leur temps par leur érudition et séduit leurs contemporains par leur immense savoir. L’Obs propose un texte d’hommage d’un de ses «fils» qui lui était très proche.

Cher Papa
Voilà deux ans que vous avez quitté la station terrestre pour le séjour des bienheureux dans la félicité des hauteurs célestes. Bien au-delà de l’espace et du temps. Dans la «Cité éternelle», où tout est merveille.

Cher Papa
De vie à la mort, vous êtes dans l’éternel, la félicité. L’image que vous avez laissée à la postérité, brille encore de mille feux : Homme véridique et résistant infatigable. Unificateur à la démarche œcuménique, vous avez été un visionnaire, en avance aussi bien temporellement que spirituellement sur la marche du monde. Le monde est orphelin de votre sublime éloquence. Surtout en ces temps troubles où l’espace public est le réceptacle de toutes les exubérances, toutes les carences. Au moment où dans notre société, votre œuvre présente encore un intérêt certain. Elle révèle un aspect séduisant de la personnalité d’Al Maktoum : le choisi. Grand défenseur de la primauté des réalités essentielles sur les valeurs traditionnelles. Educateur éloquent, guide éclairé, au point de conjonction entre l’engagement politico-culturel et la pratique islamique basée sur la Vérité : la parole du Tout-puissant.

Cher Papa
Voilà que vous êtes aujourd’hui plus qu’une référence et une fierté grâce à l’actualité et l’acuité de votre discours. Le point nodal vers lequel tout le monde se tourne. Vous occupez le web et ses applications, en redresseur de tous les torts. Vous apaisez les cœurs et les esprits, avec un statut de penseur absolument sincère et incontestable dont l’œuvre est un viatique pour le salut des hommes. Un héritage à la fois immense et intense, que je partage avec mon frère, Malick Sy, dont la gémellité a été scellé par vous-même. Je comprends la solitude de mon ami, frère et jumeau Malick, plongé dans un profond silence, un repli religieux fait d’une saine sollicitude. Convaincu de la nécessité de vivre et faire vivre l’héritage spirituel de notre cher papa. Dont le verbe continue de donner sens à des millions de vies, qu’il guide sur le droit chemin : celui du travail et de la foi. Ce chemin sur lequel, Papa, vous avez toujours convié, la Jeunesse sénégalaise, dont vous demeurez, sans conteste l’un des plus augustes avocats, à un questionnement à la fois spirituel et existentiel : «Que peut-on espérer de la jeunesse si elle ne s’emploie pas à acquérir de quoi satisfaire convenablement, demain, les besoins de la nation ? Que peut-on espérer de la jeunesse si elle ne cherche plus à cueillir les fruits de l’instruction, cette meilleure cueillette ? Pratiquer le beau est un vice qui court les rues en ce moment-ci. Cela n’engendre que la pauvreté, or la misère est la pire des épreuves et le plus atroce des fléaux…» Ces maux traduits par vos mots ne tiennent qu’en un seul concept : transformer le destin en conscience, voire en religion. Tout concevoir d’abord avant toute volonté de possession ensuite. Contrôler, maîtriser les choses, pour en faire bon usage. Au service de soi et de tous. Un apprentissage permanent qui appelle à étendre jusqu’aux limites des connaissances humaines, la matière dans laquelle l’homme puise pour devenir davantage homme, la possibilité infinie des réponses à ces questions vitales. Celles que posait, que pose encore Al Maktoum de sa voix d’outre-tombe.

Khalifa Camara, votre fils et disciple éternel

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